En création

THE SWIMMER

Création 2019 
Adaptation et mise en scène de Matthieu Cruciani

Production en cours

ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE
Matthieu Cruciani

SCÉNOGRAPHIE ET LUMIÈRE
Nicolas Marie

CRÉATION VISUELLE
Stéphan Castang

CRÉATION MUSICALE
Clément Verceletto

CHORÉGRAPHIE
Cécile Laloy

COLLABORATION ARTISTIQUE
Tünde Deak

DISTRIBUTION ET PRODUCTION EN COURS

Burt Lancaster et Janice Rule, The Swimmer, 1968

L'Histoire

The Swimmer est au départ une nouvelle de John Cheever, retraçant l'histoire d’un homme, Ned Merryl, qui veut rentrer chez lui de piscines en piscines, traversant les propriétés d’amis ou de connaissances, dans les collines aisées du Connecticut, au long d’une journée qui devient irréelle. Il baptise ce chemin de retour la Lucinda River, du nom de sa femme.
De cette nouvelle fut tiré un film de Franck Perry, en 1969, avec Burt Lancaster, qui passera tout le film en slip de bain noir.

C’est une fable sur les temps présents, quoique passés, et sans doute futurs. Une sorte de mythologie moderne. Une chronique acidulée de la mise en vacance du monde, du tourisme de sa propre vie, du lent dégagement de soi, de la touche pause qui reste enfoncée dans le réel, du soleil qui masque, qui aveugle, qui fait de l’enfilade des jours une succession de mirages déconnectés les uns des autres, entrecoupée de siestes de la conscience qui ne reposent pas mais accumulent de l’absence. Nous éloigne du monde qu’on avait entraperçu, et qu’on s’était promis.

Le Spectacle

Ce sera une pièce musicale, chorégraphique, paysage, visuelle, humide, un swimming trip, de Party en Party, de piscines en piscines, une cavalcade qui roule, accumule de la vitesse, de la fureur, de la musique, de la danse, rend compte de la mémoire récente des hommes et femmes qui persistent à danser sur le cadavre tiède du monde, à nager dans ses mers salies. Qui se persuadent qu’il dansent et qu’ils nagent. Mais il y a un bug dans la machine, une contamination a subverti la mémoire, a corrompu la conscience.
Le Swimmer pour nous, théâtralement, doit être un forme de manège, ludique, coloré, et ouvrir derrière les couleurs des fêtes le crépuscule anachroniquement romantique d’un héros délavé, dans les ruines debout d’une société rendue à l’état de cinéma. 

A chaque étape de la traversée du héros, correspond une fête, avec une texture, une ambiance, une musique, des danses différentes, des chorégraphies quotidiennes.
C'est toujours le même endroit qu’on parcourt, la même planète, le même fleuve qui nous trempe, et jamais tout à fait le même.
Nous basculerons sensiblement d’une théâtralité pop, cinématographique, à quelque chose de plus physique, de plus présent, de plus acéré.

Untitled (House Fire), 1999, Gregory Crewdson

A Bigger Splash, 1967, David Hockney

Adapter The Swimmer aujourd'hui

La nouvelle de Cheever est datée de 1965. Le film la suit quelques années plus tard.
Pourquoi se sentir concerné par son contexte, directement interpelé par les figures qu’il nous présente ? Qu’est ce qui est en ligne de mire dans cette œuvre ?
Une certaine idée de l’homme comme ressource, du monde comme une entreprise.
La beauté critique de cette oeuvre réside dans la perspective moderne qu’elle donne à des maux présents, leur inscription dans un temps long.
Avec une question terrible : qu’attend-on pour émerger de ce cauchemar éveillé ?
La structure narrative, le scénario de la nouvelle est une structure parfaite. Simple, implacable, émouvante, elle raconte une mécanique à l’œuvre.
Lors de son adaptation au cinéma, Eleanor Perry a considérablement et avantageusement réécrit les dialogues de la dizaine de scènes/piscines de la nouvelle originale, plus elliptique, ouvrant ainsi la voix à d’autres variations.
Les reprendre n’aurait pas de sens (autant offrir le film). C’est au contraire pour Matthieu Cruciani l’occasion de se ré-emparer de ces dix «  îlots de réels », de ces dix tableaux d’une époque, la nôtre donc ici et de les écrire. 

Il y a en effet à réinventer, réécrire, investir à notre niveau personnel des choses.
Et se demander, nous, aujourd’hui, quels sont nos tentations, nos mirages, nos agréments, nos ivresses coupables… Et quelle en est la langue.

Galerie

Croquis de scénographie - travail en cours © Nicolas Marie

Croquis de scénographie - travail en cours © Nicolas Marie